Camshaft

Photo de Lucas Duchesne, gérant de l'entreprise Camshaft à Nantes Lucas Duchesne mars 25, 2026

Pendant longtemps, le Porsche Boxster type 986 a représenté la porte d’entrée idéale dans l’univers Porsche. Léger, accessible, doté d’un flat-six atmosphérique et d’un châssis remarquable, il a permis à toute une génération d’accéder à une véritable sportive de Stuttgart.

Mais depuis quelques années, la situation évolue.
Les beaux exemplaires de Boxster S 986 voient leur cote progresser de manière sensible, portés par un regain d’intérêt pour les voitures analogiques et les Porsche “pré-électroniques”.

Dans le même temps, une autre génération reste encore relativement discrète sur le marché : le Boxster 987.

Or, l’écart de prix entre les deux modèles s’est considérablement réduit.
Il devient aujourd’hui possible d’accéder à un 987 pour un différentiel parfois marginal — de l’ordre de quelques milliers d’euros.

Dans ce contexte, une question se pose :
le Boxster 987 n’est-il pas aujourd’hui une alternative plus cohérente, voire plus intéressante, que le 986 ?


Deux générations, deux philosophies proches… mais pas équivalentes

Le Boxster 987, lancé en 2004, n’est pas une rupture technique totale avec le 986.
Il en reprend les grandes bases : architecture à moteur central, flat-six atmosphérique, équilibre de châssis.

Mais dans les faits, Porsche a profondément retravaillé l’ensemble.

Le 987 apporte notamment :

  • une rigidité accrue
  • une direction plus précise
  • une qualité de fabrication nettement supérieure
  • une ergonomie modernisée
  • une meilleure insonorisation

L’évolution la plus visible concerne bien sûr le design.
Le 987 abandonne les optiques “fried egg” du 986 pour revenir à des phares plus traditionnels, plus proches de ceux de la 997.

Ce simple changement a suffi à repositionner visuellement le modèle.
Là où le 986 pouvait apparaître comme une Porsche “à part”, le 987 s’inscrit pleinement dans la continuité stylistique de la marque.


Le marché : un écart de prix qui n’a plus de sens

Pendant longtemps, le choix entre 986 et 987 était dicté par le budget.

Aujourd’hui, ce n’est plus aussi évident.

Sur le marché actuel :

  • un Boxster S 986 en bel état se négocie à des niveaux déjà soutenus
  • pour un écart souvent limité à 2000 €, il devient possible d’accéder à un 987 2.7
  • avec 5000 à 6000 € supplémentaires, on entre dans l’univers du 987 S phase 1 bien configuré

Ce resserrement des valeurs change profondément la lecture du marché.

Le 986 n’est plus simplement “le bon plan”.
Et le 987 n’est plus réellement une montée en gamme inaccessible.

Il se situe aujourd’hui dans une zone intermédiaire particulièrement intéressante :
encore accessible, mais déjà nettement plus moderne.


Le 987 2.7 : une version souvent sous-estimée

Dans la hiérarchie du modèle, le 2.7 litres est souvent relégué au second plan.

Sur le papier, ses caractéristiques peuvent sembler modestes face aux versions S :

  • 240 à 245 chevaux selon les millésimes
  • performances déjà solides, sans être spectaculaires

Mais cette lecture est trompeuse.

Dans la réalité, le 2.7 offre :

  • un équilibre remarquable
  • une exploitation facile du châssis
  • un coût d’accès et d’entretien plus mesuré
  • une mécanique globalement moins exposée que certaines versions plus puissantes

Il correspond en réalité parfaitement à la philosophie du Boxster :
une voiture de précision, plus qu’une machine à performance pure.

Dans un usage réel, sur route, la différence avec un S est souvent moins marquée qu’on pourrait l’imaginer.


Le 987 S 3.2 : un point d’équilibre particulièrement pertinent

C’est probablement là que se situe le cœur du sujet.

Le Boxster S phase 1 en 3.2 litres développe environ 280 chevaux.
Il apporte un gain sensible en caractère moteur, sans basculer dans une complexité excessive.

Par rapport au 2.7, on gagne :

  • davantage de couple
  • une montée en régime plus affirmée
  • une dimension plus sportive

Mais surtout, cette version conserve une certaine homogénéité.

Elle reste :

  • exploitable
  • relativement simple mécaniquement
  • encore accessible en termes de prix

Dans le contexte actuel, elle représente un compromis particulièrement intéressant entre plaisir, performance et coût d’acquisition.


Le cas du 3.4 litres : performance accrue, mais vigilance nécessaire

L’arrivée du 3.4 litres marque une évolution importante dans la gamme.

Avec près de 295 chevaux sur les premières versions, le Boxster S gagne en performances pures et en allonge.
Il se rapproche davantage d’une logique de sportive affirmée.

Mais cette montée en puissance s’accompagne également de certaines réserves.

Les moteurs 3.4 des premières générations sont plus exposés à des problématiques connues, notamment :

  • phénomènes de cylindres rayés
  • consommation d’huile anormale
  • usures internes plus marquées

Il est important de nuancer :

  • tous les moteurs ne sont pas concernés
  • un entretien rigoureux et un usage adapté limitent les risques

Mais dans une logique d’achat, cela impose une approche plus exigeante :

  • historique limpide
  • contrôle approfondi
  • sélection rigoureuse de l’exemplaire

En l’absence de ces éléments, le 3.4 peut rapidement devenir un choix plus risqué que pertinent.


Fiabilité : une lecture plus nuancée qu’il n’y paraît

Comme souvent chez Porsche sur cette période, la question de la fiabilité est souvent simplifiée à l’excès.

Le sujet de l’IMS, hérité du 986, reste présent sur les premières phases du 987.
Mais il est aujourd’hui bien documenté et, dans la majorité des cas, maîtrisable.

Plus largement, la fiabilité de ces modèles dépend avant tout de trois facteurs :

  • la qualité de l’entretien
  • le respect des temps de chauffe
  • la cohérence de l’usage

Un flat-six Porsche mal utilisé sera toujours problématique, quelle que soit la génération.
À l’inverse, un exemplaire bien suivi peut parcourir des kilométrages importants sans difficulté majeure.


Une génération charnière dans la montée en gamme du Boxster

Le 987 occupe une position particulière dans la lignée des Boxster.

  • Le 986 incarne l’origine : simple, léger, accessible
  • Le 981 marque une montée en sophistication et en prix
  • Le 987 se situe entre les deux

Il combine :

  • encore une certaine simplicité mécanique
  • une vraie modernité d’usage
  • un design intemporel
  • un niveau de finition cohérent avec les standards actuels

C’est précisément cette position intermédiaire qui fait aujourd’hui sa force.


Pourquoi le 987 est dans une phase de marché particulièrement intéressante

Le marché automobile suit souvent des cycles bien identifiés.

  • Les modèles anciens deviennent collectionnables
  • Les modèles récents sont encore chers
  • Entre les deux, certaines générations restent temporairement sous-évaluées

Le 987 se situe exactement dans cette zone.

Il n’est plus simplement une Porsche d’occasion.
Il n’est pas encore pleinement reconnu comme un modèle de collection.

Ce positionnement crée une opportunité :

accéder à une Porsche moderne, encore analogique, pour un budget contenu.

Mais cette situation est rarement durable.

La raréfaction des beaux exemplaires, combinée à une meilleure compréhension du modèle, tend déjà à faire évoluer les prix.


Verdict : 986 ou 987 aujourd’hui ?

Le choix n’oppose pas une “bonne” génération à une “mauvaise”.

Il s’agit plutôt de deux approches différentes :

  • le 986 S pour son caractère originel, plus brut, plus analogique
  • le 987 2.7 pour son équilibre global et son accessibilité moderne
  • le 987 S 3.2 pour un compromis particulièrement abouti
  • le 3.4 pour une recherche de performance, à condition d’une sélection rigoureuse

Mais dans le contexte actuel du marché, une chose apparaît clairement :

l’écart de prix entre 986 et 987 ne reflète plus l’écart réel entre les deux voitures.


Conclusion

Le Boxster 987 n’a jamais réellement souffert d’une mauvaise réputation.
Mais il a longtemps été éclipsé : d’abord par le 986 pour son accessibilité, puis par le 981 pour sa modernité.

Aujourd’hui, cette situation évolue.

Le resserrement des prix, la maturité du marché et la redécouverte progressive des générations intermédiaires remettent le 987 au centre du jeu.

Il ne s’agit pas d’un simple “meilleur choix rationnel”.

C’est une génération qui combine, de manière assez rare :

  • modernité
  • plaisir de conduite
  • cohérence mécanique
  • et positionnement tarifaire encore favorable

Et comme souvent dans l’histoire automobile, ce sont précisément ces modèles de transition, longtemps restés dans l’ombre, qui finissent par s’imposer comme les plus pertinents.

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